Le genre et ses mots : entretien avec Mme Liric
publié par Collège Langevin Wallon, Saint Gratien

ID :1995

Pays :

Thèmes : Genre
Langues et écritures

Mots-clef : Aucun mot-clef

Description générale

Nous sommes les élèves du Collège Langevin-Wallon, de la classe de 5ème 7 SEGPA à St-Gratien. Nous avons fait une enquête sur les mots qui désignent les femmes et les hommes (ou les filles et les garçons). On s’est demandé si les mots utilisés sont plutôt agréables ou désagréables. On a posé des questions à d’autres collégiens et collégiennes, à des adultes qui travaillent au collège et à des personnes dans la rue. Mme Liric, qui travaille à l’accueil de notre collège, nous a donné beaucoup de réponses à nos questions sur les mots qu’elle utilise pour parler des garçons ou des filles. Et contrairement à d’autres personnes interrogées, on a recueilli autant de mots désignant les hommes que les femmes, et de « pires mots » que de « jolis mots ». Les pires mots concernant les hommes étaient : « sale con », « P.D. », « connard », « fils de pute ». On a demandé à Mme Liric ce qu’elle pensait de chacun des mots cités, comme l’expression « fils de pute ». Elle nous a dit qu’elle ressentait « un immense soulagement » en employant cette expression qui lui permet en même temps d’exprimer la haine qu’elle ressent à ce moment-là. Pour elle, le gros mot est blessant ou vulgaire mais il lui fait aussi du bien (pour celui qui le dit…). On a remarqué que l’expression « fils de pute » ne s’utilise jamais au féminin, puisqu’on ne dit jamais « fille de pute » ! Comme si c’était surtout blessant pour un garçon, alors que ça pourrait l’être pour les deux sexes. Pour parler des filles, les pires mots que Mme Liric utilise sont « quelle conne ! », « poufiasse », « pétasse » ou « salope ». Dans les « jolis mots », notre enquêtée a une expression personnelle comme « mon petit coco fiolo » qui nous a fait pensé aux origines tropicales de Mme Liric. Mais elle dit aussi, en parlant des garçons : « beau gosse » ou « mon pounet », qu’on ne connaissait pas non plus. Et pour les filles : « ma belle », « ma pupuce » ou « ma toutoune ». Les adjectifs possessifs « mon » ou « ma » montrent le côté affectif et gentil de toutes ces expressions, on ne les retrouve pas du tout pour les pires mots. Pour tous ces mots, ceux connus et ceux qu’elle invente, Mme Liric nous explique qu’ils lui viennent quand elle est en colère ou quand elle est contente. Ce sont des « mots qui sortent de ma tête », nous a -t-dit.

L’analyse de l’ethnologue : Les élèves ont constaté que souvent, on a davantage de vocabulaire pour parler négativement des hommes ou des femmes que pour en parler de façon neutre ou agréable. Le second élément, apparu dans plusieurs entretiens, consiste dans le fait que les enquêté(e)s font preuve d’un lexique nettement plus riche pour désigner l’autre sexe, comparativement à celui désignant leur propre groupe de genre. Les filles ont plein de mots pour désigner les garçons, mais très peu pour parler d’elles, par exemple.


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Mot dessiné : "Petit coco fiolo"
Mot dessiné : "Petit coco fiolo" Mme Liric

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