Atelier Stéréotypes filles/garçons (collège Anatole France, Sarcelles, 2015)

Date : 7 avril 2015

Est-ce que les filles mangent plus de légumes à la cantine que les garçons ? Y a-t-il des matières scolaires plus féminines que d'autres ? Voici le questionnement installé par les ethnologues de l'association Ethnologues en herbe avec deux classes de 3ème du collège Anatole France à Sarcelles au mois de mars 2015, qui ont conduit des enquêtes d'ethnologie sur le thème des stéréotypes filles/garçons dans leur établissement.

Atelier réalisé avec le soutien du Conseil général du Val d’Oise et de l’Atelier de Restitution du Patrimoine et de l’Ethnologie (ARPE).

 

Entretiens avec Mme Badlou et Mme Delpirou

Nous sommes des ethnologues, on vient d'Anatole France, collège qui se situe à Sarcelles.Le mardi 24 mars 2015, nous avons fait une enquête sur le genre dans la cantine,nous avons rencontré Mme Badlou et Mme Delpirau qui nous ont dit que tous les matins elles commencent à 6h30 en commençant à nettoyer les bureaux de l'administration et nettoyer les dix salles de classes jusqu’à l'arrivée des élèves à 8h30. Pendant la formation de Mme Delpirau,il y avait plus de femmes que d'hommes, elle nous a avoué qu'elle préférait travaillé avec des hommes plutôt que des femmes car il y a moins de chamailleries. Elle nous a aussi dit qu'elle avait constater que les filles mangeaient moins de légumes que les les garçons. Après 8h elles vont à la cuisine, pour prendre la température des aliments. A la formation HACCP(Hygiène et santé)de Mme Badlou, il y avait plus de femmes chef de cuisine. Elle a aussi remarqué que les hommes sont plus directif, ils ont plus tendance à commander afin de s'assumer en tant qu'être masculin. Mme Badlou a encore remarqué que les filles mangent plus de dessert. Les garçons font croire qu'ils ne prennent pas soin de leur corps de peur qu'on les traite de filles.Mais ils y'a certaines filles qui prennent bien le fait qu'on les traitent de garçons tout comme il y a des garçons qui prennent bien le fait qu'on les traitent de filles. Finalement il y a des garçons qui aiment les qualités féminines et des filles des qualités masculines car ce n'est pas quelque chose qu'on a dans notre corps.

 

Enquête sur le métier d'agent polyvalent 

Le 24 mars 2015, nous avons rencontré Monsieur Abdul, agent de ménage au collège Anatole France. Il fait le ménage dans les salles de classe et dans la cour. Il réchauffe les plats de la cantine. C'est le seul homme dans une équipe de femmes. On lui a demandé s'il y avait des plat spéciaux pour les filles ou les garçons. Il a dit que non pas en fonction du genre mais en fonction du goût de chacun. Il n'y a pas pour devenir agent de ménage, mais une validation des acquis et des expériences. Il n'est pas très fier de son travail. Mais il dit que l'important c'est d'avoir une paie à la fin du mois. Les hommes et les femmes ont le même salaire pour ce genre de travail. Le salaire ne dépend pas du genre mais de l'ancienneté. Les hommes sont reconnus au même titre que les femmes même si on appelle souvent son métier, un métier de "femme de ménage" et que les hommes préfèrent exercer des travaux pour les garçons. Certains disent aussi qu'ils ne veulent pas travailler avec des femmes parce qu'elles ont un caractère spécial d'après eux. C'est un préjugé toutes les femmes ne sont pas pareilles. L'entendant parler, une de ses collègues de travail, Madame Alice, nous a rejoints et a dit que ce qui est difficile, c'est de travailler avec les êtres humains en général, qu'ils soient hommes ou femmes. Quand on travaille en équipe, il faut mettre de l'eau dans son vin. Il faut un esprit collectif. L'agent de ménage est d'accord avec sa collègue. Il dit que quelle que soit la tâche, chacun doit éliminer ses angoisses et mettre en place ce qui est partageable. La seule qu'il soit intenable dans une équipe, c'est quand deux personnes ont la grosse tête. Alice ajoute que chacun a son caractère: il y a des doux et des plus excités. Sa collègue Carole, c'est un volcan tempéré. Madame Alice est un volcan en éruption... Ils apprennent tous à travailler ensemble, intégrer le groupe, qu'ils soient hommes ou femmes. Madame Alice a dit que son collègue avait intérêt a être doux: sinon il aura des problèmes avec ses collègues. Madame Alice parle de son travail différemment que Monsieur Abdul chacun croient que le ménage, "c'est facile", dit-elle, mais "il faut savoir doser". Chacun a un tuteur qui lui montre comment faire, toutes les méthodes. Il ne faut faire des longues études, mais il ne faut pas avoir la tête vide non plus. Et puis c'est quand même physique: les femmes aussi peuvent faire ce métier difficiles. Il y a 90% de femmes dans ce métier.

 

Rencontre avec Madame A, ouvrier d'entretien

Nous sommes des élèves de 3ème D du collège Anatole France de Sarcelles. Nous avons rencontré Mme A. qui a bien voulu répondre à nos questions sur le thème du genre et nous présenter son métier d'ouvrier d'accueil et d'entretien.

Dans le métier de femme de ménage, il n'y a pas vraiment de distinction de genre. Il y a autant de femmes que d'hommes qui se présentent au concours ouvrier d'accueil et d'entretien et les femmes et les hommes travaillent autant les uns que les autres.
Sauf que les femmes ne portent pas de lourdes charges, ce sont plutôt les hommes qui les portent. La maintenance est aussi plutôt gérée par l'OP (ouvrier professionnel).
Dans son équipe d'entretien et d'accueil, il y a deux hommes et six femmes.
Elle nous a dit que les hommes préfèrent travailler le matin. Selon nous c'est parce qu'ils ont honte peut-être et ne veulent pas qu'on les voit.
Pour la propreté des toilettes, les filles et les garçons sont exactement pareil, il n'y a pas de différence.

 

Enquête sur le métier d'infirmière scolaire

Madame M.infirmière scolaire au collège Anatole France de Sarcelles, répond à nos questions. Dans le métier d'infirmier/infirmière, il y a plus d'hommes qui travaillent au SAMU, dans les services de réanimation ou dans les services psychiatrie. Les urgences, la nécessité de transporter les malades, ou bien de les contenir s'ils font une crise ou deviennent violents : c'est plus le domaine des infirmiers, parce qu'il faut de la force, et les voix masculines imposent parfois plus de respect. On attribue souvent ces qualités aux hommes. Bizarrement, dans les services de gériatrie ou il faut aussi porter les patients, des personnes âgées ce sont surtout des infirmières... Pourtant là aussi, on aurait besoin de "gros bras". Souvent, les femmes sont plus douces et plus à l'écoute, plus rassurantes aussi.

Cette répartition genrée du travail est liée au traits de caractères et aux qualités traditionnellement attribuées à un genre ou l'autre. C'est culturel et non naturel. Dans les écoles qui forment au métier, il y a beaucoup plus de femmes que d'hommes. Pour Mme Mélanie, c'est historique. Auparavant, les infirmières était des nonnes. On faisait appel à elle dans les dispensaires, sur les champs de batailles. Quand le métier s'est ouvert, ce sont surtout des filles qui ce sont présentées. Il y a toujours l'image de la mère qui soigne ces enfants qui colle à ce métier. Quand elle est sortie de sa promotion en 1998, il y avait 80 diplômées femmes et rien que 5 hommes. Les infirmiers sont beaucoup recrutés par l'armée, et aussi pour des missions humanitaires: ils doivent être forts physiquement et mentalement, et les femmes sont toujours vues comme fragiles. Les hommes aussi peuvent être doux et patients.

À propos des collégiens et des collégiennes qui viennent se faire soigner à l’infirmerie, elle a remarqué que les garçons venaient plus pour des traumatismes, alors que les filles viennent souvent pour le mal de ventre. Les garçons sont plus bagarreurs que les filles, cela dit ici c'est un peu les deux, les filles aussi se bagarrent. En vrai les femmes se mélangent, la bagarre n'est plus qu'un truc de garçon, cela dépend du caractère de chacun.

À la question de savoir si elle etait parfois gênée d'ausculter les malades, elle a repondu que cela arrivait quand elle a debuté dans le métier, aux urgences, et que parfois elle devait poser des sondes urinaires. Mais maintenant elle n'a plus aucune gêne. Elle a dit qu'elle avait choisi ce métier parce qu'elle voulait aider les autres.

 

Entretien avec M. M., professeur d'EPS

Nous sommes des élèves de la classe de 3ème A du collège Anatole France de Sarcelles. Le 24 mars 2015, nous avons rencontré Monsieur M. dans le cadre de notre enquête d'ethnologie sur le genre. Nous lui avons posé quelques questions sur le genre dans son métier. Monsieur M. est professeur de sport.

Nous lui avons demandé si les filles étaient plus fortes que les garçons en sport ou si c'était le contraire. Il nous a dit qu'il ne pouvait pas répondre à cette question car elle était trop large. En fait, ce n'est pas une question de force. L'important est de comprendre comment progresser, comment on s'engage dans une activité sportive particulière.

Il nous a dit aussi que parfois, les épreuves pouvaient être différentes pour les filles et les garçons, avec des ballons moins gros par exemple car quand même les filles n'ont pas la même masse musculaire que les garçons et que lorsqu'il s'agit de mesurer la performance, il faut être équitable et il faut voir le résultat par rapport à l'effort fourni.
Dans les activités barêmées (athlétisme, endurance, sprint, lancé), il y a des notes différentes pour les filles et les garçons pour cette raison mais dans les autres activités les notes sont les mêmes. C'est d'ailleurs parfois difficile de faire comprendre aux uns et aux autres pourquoi les notes sont différentes.

De façon générale, il y a des activités très marquées sur le genre en sport comme par exemple l'acrosport où il faut vraiment insister sur le côté spectaculaire pour que les garçons acceptent de s'impliquer. Pour les sports d'équipe, les garçons et les filles sont toujours séparés, les sports communs sont très rares, il y a le badminton, le patinage...

Au niveau des comportements, les garçons ont tendance à considérer que le sport c'est leur domaine mais il nous a dit qu'ils essayaient avec ses collègues de faire changer cette vision. Certains garçons acceptent la confrontation aux autres mais certains ont du mal avec ça et c'est un problème typiquement masculin. Les filles acceptent beaucoup plus le collectif. Chez les garçons il y a toujours des questions de comparaison, qui a mis le plus de but, qui a été plus performant, même au sein de la même équipe. C'est sans doute parce que les garçons associent la virilité au fait d'être bons en sport. C'est l'habitude.

Dans sa formation, au début à l'université il y avait plus de garçons mais à la fin en fait il y a généralement plus de filles qui réussissent le CAPES (60 % contre 40 %). Par contre dans les zones classés un peu difficile les femmes sont moins nombreuses. Peut être que dans ces zones, les femmes profs de sport ne sont pas très représentatives, ce sont plus des hommes qui demandent intentionnellement leur mutation, les femmes sont peut être plus masculines ?

Monsieur M. nous a dit aussi qu'ils ne faisaient pas de foot exprès car c'est une activité trop marquée. Le foot c'est culturel en Europe, c'est valorisé comme une activité de garçons. Au collège, ils préfèrent proposer des activités plus neutres que les élèves garçons et filles vont découvrir. Pour le rugby par contre, ils le proposent mais seulement en sixième car après cela peut gêner ou être plus difficile dans les classes de quatrième et troisième à cause des contacts physiques.

 

Rencontre avec la professeure de sport

Nous avons rencontré Madame C., la professeure de sport, pour lui poser des questions sur le genre dans son métier. Elle a voulu faire ce métier car elle ne voulait pas enseigner dans la classe, avec des élèves assis toute la journée sur une chaise: elle veut voir des élèves qui courent, qui s'amusent. Elle aime le contact avec les élèves et elle aime le sport, alors elle est devenue professeure d'EPS.

Elle a passé un concours, qui est le même pour les hommes que pour les femmes, ce qui veut dire que les femmes peuvent être aussi bonnes en sport que les hommes, qu'il n'y a pas de différence à ce niveau-là. Elle doit choisir 4 sports parmi 15 qu'elle sait pratiquer, dans lesquels elle doit exceller. Ce concours, même s'il est ouvert à tous, attire plus les hommes: pour 70% d'hommes dans ces formations, il n'y a que 30% de femmes. Il y a une majorité d'hommes parmi les professeurs de sport ; Madame C. est la seule femme dans le collège à enseigner cette discipline.

Même si c'est le même métier, elle nous a expliqué que les activités peuvent être menées différemment par un ou une prof d'EPS : par exemple en gymnastique une professeure va plus porter attention sur l'esthétique de l'enchaînement des mouvements, tandis qu'un professeur va plutôt être attentif à la technique et la force. Mais ça peut aussi être l'inverse: il y a des femmes qui valorisent beaucoup plus l'effort physique que la beauté des mouvements.

Au niveau des élèves aussi il y a des différences entre filles et garçons, qui sont d'ordre physique: à l'adolescence, la croissance n'est pas la même chez les filles que chez les garçons, alors le professeur doit tenir compte du développement de chacun. Par exemple, pour le lancer de javelot, on propose aux filles un javelot plus léger que celui des garçons, pour s'adapter à leur condition physique à cet âge.

Madame C. observe des a priori sur certains sports: par exemple, quand on parle de danse, souvent les garçons ne veulent pas en faire parce que "ça fait trop fille", mais ils oublient souvent qu'il y a beaucoup de danseurs étoile, et que la danse c'est aussi le hip hop. Du côté des filles, c'est par exemple la boxe qui va poser problème parce qu'elles l'associent au masculin, alors qu'il y a beaucoup de championnes de boxe.

Ces préjugés dans le domaine des sports, ils sont présents au collège mais aussi dans la société en général : les matchs de foot masculin sont toujours retransmis le soir à la télé sur des grandes chaînes, on parle beaucoup des tournois masculins, mais très peu des compétitions de foot féminin, les matchs des filles sont diffusés sur des petites chaînes tv et à des heures où personne ne regarde le foot. C'est dommage!

 

Entretien avec un homme secrétaire

Dans le cadre du projet d'ethnologie, nous avons travaillé sur les stéréotypes filles/garçons. Nous nous sommes entretenus avec le secrétaire du collège, qui est un individu de sexe masculin. Durant cet entretien, nous avons appris que le genre n'a aucune influence sur le salaire perçu, car c'est la réussite au concours qui a de l'importance.

Selon le secrétaire, les élèves de sexe féminin sont plus sérieuses, les femmes ont un taux de réussite plus élevé que les hommes alors que les femmes et les hommes sont au même nombre au moment du passage de l'examen. Pour le secrétaire, la supériorité hiérarchique féminine lui importe peu.Il est surpris lorsqu'il est en contact avec un secrétaire homme, il apprécie de savoir qu'il n'est pas le seul secrétaire homme car durant son BTS, il a été le seul homme de sa classe.

 

Le genre chez les professeurs

Nous sommes des jeunes ethnologues du collège Anatole France à Sarcelles. Le 24 mars 2015 nous avons fait une enquête sur le genre. Nous avons rencontré M. Manes, professeur d'espagnol et Mme Tanguy, professeure d'arts plastiques.
Pendant sa formation, M. Manes nous a dit il y avait 20 garçons pour 280 filles à l'université, et au lycée en section L, il était le seul garçon de sa classe ( mais les filles n'étaient pas son but premier...).
Souvent on dit que les matières les plus masculines sont : le sport, les maths, la technologie, la physique.
Tandis que les matières les plus féminines sont les matières créatives et artistiques. Mais ce sont des clichés car en réalité on peut faire les métiers qu'on veut, tout dépend de la volonté de la personne.
Entre les femmes et les hommes, en tant que professeurs, ils ont les mêmes salaires.
Par rapport aux élèves, Mme Tanguy a remarqué que pour les punitions les garçons réagissaient plus violemment que les filles. Elle a dit qu'ils étaient plus hormonaux. Elle a employé le terme "hormonaux" mais en fait c'est du caractère qu'elle voulait parler et le caractère n'est pas biologique mais culturel.

 

Les stéréotypes filles/garçons dans les jouets

C'est un catalogue qui s'appelle "Jouet club" pour les enfants , c'est un catalogue de noel , et ont a étudier les pages 254-255 . C'est une page plus pour les enfants parce qu'il y'a des armes de guerre , des grenades ; des menottes , des couteaux , il y a des couleurs sombres, des impacts de balles. Il y a du vert qui fait référence aux militaires et du rouge qui fait référence au sang. C'est plus pour les garçons car ça fait référence à la force, à la violence et à la guerre.

 

Les stéréotypes filles/garçons dans une BD

C'est une bande dessinée dont le titre est "Histoire de chevaliers" publiée le 17 mai 2011. Elle est destinée aux petits garçons. Les garçons sont caractérisés en chevaliers : ils sont forts, ce sont des guerriers, ils représentent leur royaume lors d'un tournois. Ils ont des armes (lance), un bouclier et un cheval caparaçonné.