Atelier Stéréotypes filles/garçons (collège Robespierre, Goussainville, 2013)

Date : 4 novembre 2013

En 2013, les élèves d'une de 3ème prépa pro au collège Robespierre de Goussainville, se sont saisis des méthodes et outils des sciences sociales pour mener des enquêtes de terrain de proximité sur les stéréotypes filles/garçons. Avec les ethnologues de l’association Ethnologues en herbe, ils ont mené des enquêtes sur les stéréotypes filles/garçons à la maison, dans l'éducation ou encore au collège. Un projet mené avec le soutien du Conseil départemental du Val d’Oise.

Atelier d’ethnologie sur six séances (décembre 2012-janvier 2013) animé par l’association Ethnologues en herbe, avec le soutien de l’ARPE (Atelier de Restitution du Patrimoine et de l’Ethnologie), Conseil départemental du Val d’Oise.

Paroles sur le genre à la maison

Classe de 3ème Prépa.Pro du collège Robespierre de Goussainville, 2012-2013. Pendant notre atelier d’ethnologie, nous nous sommes posé des questions sur le genre : Y a-t-il des métiers réservés aux femmes/ aux hommes ? Quels rôles jouent les parents dans l’éducation ? Qui fait quoi dans les tâches ménagères ? Et nous, dans notre quotidien, comment voit-on le masculin et le féminin ? Nous avons mené une enquête avec l’ethnologue. Nous avons interrogé Mme Abid, adulte-relais au collège, les agents techniques d’entretien à la cantine et au local des jardiniers, nous avons été invités à un « Robcafé » du collège où nous avons posé des questions aux parents d’élèves et aux professionnels présents. Voici les paroles que nous avons recueillies sur le genre à la maison et dans l'éducation : L’homme ne s’implique pas dans les tâches ménagères. Quand l’enfant est malade, c’est aussi la maman qui s’occupe de lui. Mme, agent technique d’entretien « C’est pas normal !» Un élève. Je ne voudrais pas avoir un homme dans la cuisine. C’est trop lent ! Mère d’un élève au Robcafé Dans les familles, parfois on reproduit des choses, et parfois pas. Par exemple, mon grand-père ne savait même pas comment faire cuire les pâtes. Mon père sait très bien préparer à manger. Et moi, c’est mon copain qui m’a appris à cuisiner ! Médiatrice au Robcafé Mon mari, je ne le vois pas faire le ménage. C’est un Espagnol. Mais il fait les courses et il fait à manger ! Mère d’un élève au Robcafé Dans la maison, mon père et mes frères ne font jamais rien. Pour eux, c’est un travail de femme. Ma mère, elle aime beaucoup cuisiner. C’est pour ça qu’elle est toujours dans la cuisine. Elle fait aussi le ménage et les courses, et en plus elle travaille. Mes frères préfèrent jouer aux jeux vidéo, sortir. Nous, les filles, on sort aussi et on fait le ménage... Une élève de 3ème Quand je suis chez mon père, mon frère ne fait rien. Il est sur l’ordinateur ou regarde la télé. Mon père aussi, il regarde la télé, mais fait tout à côté, y compris les courses et la vaisselle. Ma sœur et moi, on l’aide. Quand on mange, c’est lui qui apporte à manger. Quand je suis chez ma mère, elle fait tout. Moi aussi, je l’aide à peu près pour tout. Mon frère ne fait toujours rien. Une élève de 3ème Selon les cultures, la mère est plus ou moins présente dans l’éducation des enfants. Parfois la mère, elle a plus un rôle d’amie. Mais quand on a un seul parent, il mélange les rôles. Une élève de 3ème Ce n’est pas les mêmes rôles pour la mère et pour le père dans l’éducation des enfants. La mère, avec les enfants, elle est plus amie, plus ‘pote’. Le père n’a pas la même relation. Quand il rentre, il interroge... La mère, elle parle plus avec les enfants. Mais ça dépend des familles. Mère d’un élève au Robcafé « La mère africaine est protectrice. » Un élève. Pour l’éducation des enfants, ça change selon les cultures. Les Européens, ils partagent plus les rôles entre le père et la mère. En Afrique, c’est la mère qui est présente. Le père, il ramène l’argent et il donne le cadre. Médiateur au Robcafé Pour l’éducation des enfants, parfois deux cultures, celle de la mère et du père, se mélangent dans un couple et on réinvente quelque chose. Parfois aussi les parents ne sont pas d’accord et les enfants ont deux éducations parallèles. Médiatrice au Robcafé

 

Le collège

Pendant notre atelier sur les stéréotypes filles/garçons, nous nous sommes posés pas mal de questions. Voici quelques exemples : "On dit 'sage-femme’ pour les femmes qui accouchent les enfants. Pourquoi 'sage-femme’ ? Pourquoi pas 'sage-homme’ ?" Un élève "Pendant mon stage de mécanique, la femme était à l’accueil et l’homme dans le garage. On n’imagine pas vraiment le contraire... Pourquoi ?" Un élève "Si une fille vient en jupe au collège, il y aura des préjugés vis-à-vis d’elle, comme si c’était une prostituée ou une fille facile. De toutes façons, ses parents et ses grands frères ne la laisseront pas sortir jambes nues ou en décolleté. Au collège, les filles ne montrent pas leur féminité. Dès qu’elles mettent en valeur leur corps, on les regarde de travers et on croit qu’elles sont provocatrices. Une fille qui montre son corps, c’est une fille mal élevée, mal éduquée. " Un élève "Depuis leur plus jeune âge, les filles sont éduquées pour jouer à poupée et les garçons, aux jeux de construction ou aux voitures... Les publicitaires confirment les clichés selon lesquels les filles sont des futures mamans qui restent au foyer à s’occuper des enfants, et les garçons, des personnes autonomes avec leur maison et leur voiture. Donc les jeux cherchent à différencier les filles et les garçons en créant des produits pour les différencier." Un élève "Je me demande pourquoi un homme et une femme ne sont pas payés de la même façon pour un travail égal. Si, c'est encore le cas. " Une élève. "Quand je suis chez mon père, mon frère ne fait rien. Il est sur l’ordinateur ou regarde la télé. Mon père aussi, il regarde la télé, mais fait tout à côté, y compris les courses et la vaisselle. Ma sœur et moi, on l’aide. Quand on mange, c’est lui qui apporte à manger. Quand je suis chez ma mère, elle fait tout. Moi aussi, je l’aide à peu près pour tout. Mon frère ne fait toujours rien. Ce n'est pas normal. " Une élève

 

L'éducation

Pendant notre atelier sur les stéréotypes filles/garçons, nous avons eu l'occasion d'interroger des parents d'élèves, des professionnels et des médiateurs dans le collège sur les rôles du père et de la mère dans l'éducation des enfants. C'était pendant une réunion organisée par Mme Abid, adulte-relais. Voici les paroles que nous avons recueillies : "Pour l’éducation des enfants, parfois deux cultures, celle de la mère et du père, se mélangent dans un couple et on réinvente quelque chose. Parfois aussi les parents ne sont pas d’accord et les enfants ont deux éducations parallèles". F., médiatrice "Ce n’est pas les mêmes rôles pour la mère et pour le père dans l’éducation des enfants. La mère, avec les enfants, elle est plus amie, plus ‘pote’. Le père n’a pas la même relation. Quand il rentre, il interroge... La mère, elle parle plus avec les enfants. Mais ça dépend des familles." S., mère d’un élève "Pour l’éducation des enfants, ça change selon les cultures. Les Européens, ils partagent plus les rôles entre le père et la mère. En Afrique, c’est la mère qui est présente. Le père, il ramène l’argent et il donne le cadre". A., médiateur Ethnodoc réalisé par les élèves de DP 3 (3ème Découverte Professionnelle) du collège Robespierre de Goussainville, 2012-2013, atelier Ethnologues en herbe réalisé avec le soutien de l'ARPE, Conseil Général du Val d'Oise

Paroles autour du mariage et des fêtes

Classe de 3ème Prépa.Pro du collège Robespierre à Goussainville, 2012-2013: "Au mariage de mon cousin en septembre 2012, les femmes étaient à gauche dans la salle des fêtes, et les hommes étaient à droite. C’est normal. La fête de mariage, c’est ça. Nous, ça a toujours été comme ça." Un élève de 3ème « Dans la culture musulmane, les hommes et les femmes sont séparés. » "A toutes les fêtes, les hommes participent, mais les femmes, elles mettent plus la main à la pâte." Un élève de 3ème Classe de 5ème SEGPA du collège Langevin Wallon à Saint Gratien, 2013: "Pour le mariage en Italie, c’est les grands-parents maternels qui offrent la robe de mariée." Dino "Dans les salles de mariages musulmanes, les femmes et les hommes sont séparés pour manger. Quand vient le moment de couper le gâteau ils se retrouvent." Malik "Chez moi, au Nouvel An, les femmes s’occupent de faire la cuisine pendant que les hommes regardent la télé et discutent." Dylan M. "Je pense que les fêtes sont plus pour les femmes, car les femmes dansent plus que les hommes." Jessy "La Saint Valentin, c’est pour les deux parce que c’est la fête des amoureux." Assa et Gwendoline "Au Nouvel An, c’est ma grand-mère qui s’occupe de préparer le repas, elle fait un plat traditionnel : la morue." Dylan M. "Les femmes ne dansent pas de la même manière que les hommes, chacun a son style. Les filles dansent avec plus de féminité." Younès

Les agents techniques d'entretien

Pendant notre atelier sur les stéréotypes filles/garçons, nous avons interrogé les agents techniques d'entretien dans notre collège : le collège Robespierre à Goussainville. Nous avons rencontré les agents techniques masculins (jardiniers) dans leur atelier et les agents techniques féminins à la cantine. Nous vous présentons quelques extraits de paroles que nous avons gardés pour donner à réfléchir sur le genre : A la cantine : "Il y a beaucoup plus de femmes que d’hommes qui font notre métier parce que c’est mal payé. Notre salaire est bas. Et un homme qui est chef de famille, ne peut pas nourrir sa famille avec un tel salaire. Nous, on aimerait être payées plus. Mais notre salaire n’évolue pas du tout..." Ou bien : "Notre travail, ça ne change pas beaucoup de celui de mère au foyer. Parce qu’il y a toujours du ménage dans ce métier. C’est pour ça qu’il y a plus de femmes...." Dans le local des jardiniers : "J’ai un BEP de jardinier-paysagiste. Dans mon métier, il y a moins de femmes que d’hommes parce que c’est dur. On peut trouver des femmes dans notre métier, mais c’est difficile. Il faut qu’elles soient fortes. L’hiver par exemple, il fait froid. Il y a toutes les feuilles à ramasser. En 27 ans de carrière, je n’ai travaillé qu’une seule fois avec une femme. Elle est partie après une semaine parce que c’était trop dur. C’est un domaine plus pour les hommes." Ou encore " A l’origine, j’ai un CAP de pâtissier. Il y avait des filles dans ce CAP. Mais c’était difficile pour elles. Ce n’est pas normal de demander à une femme de porter et soulever des sacs de farine. C’est un métier difficile pour une femme." Et enfin : "J’ai un BEP d’ajusteur-fraiseur. C’est de la mécanique de précision. Pour le métier d’ajusteur, il y a autant de femmes que d’hommes, mais il y a une différence de salaires." Ethnodoc publié par les élèves de DP3 (3ème Découverte Professionnelle) du collège Robespierre de Goussainville, année 2012-2013, Atelier Ethnologues en herbe avec le soutien de l'ARPE, Conseil Général du Val d'Oise