Stéréotypes filles/garçons: Loisirs culturels et sports des filles et garçons

Date : 2 novembre 2013

Dans son article « Filles et garçons, loisirs culturels et différentiation de genre » Sophie RUEL-TRAQUET de l’université de Caen écrit : Une différenciation selon le genre est très repérable dans les pratiques du temps libre. À partir des propos des filles et des garçons interrogés, on peut constater que le genre des enfants entre fortement en jeu dans la construction de leurs goûts et de leurs choix dans le domaine des loisirs culturels.

 

Dans les faits, les garçons pratiquent majoritairement des loisirs qui se déroulent en extérieur participant à la construction d’une culture du dehors analogue au masculin. Les jeux de commandos et de guerre organisés en forêt, les rencontres sur les terrains de sport, les courses à vélo que les garçons partagent avec leurs pairs en attestent. De même, leur investissement dans les pratiques sportives est effectif. Les garçons sont nombreux à pratiquer un sport et de manière intense. Enfin, dans le rapport aux médias, leurs usages du temps libre s’orientent majoritairement vers une dimension technique et fonctionnelle axée sur la gestion d’activités ; le thème du lien affectif et relationnel n’étant pas recherché.

A l’inverse, leurs homologues féminines préfèrent des occupations paisibles qui se déroulent majoritairement en intérieur participant à l’édification d’une culture du dedans connexe au féminin. Jouer à des jeux de société, dessiner, écrire sont autant d’activités que pratiquent les filles. De même, elles privilégient les loisirs avant tout basés sur les relations et la conversation. L’usage relationnel du téléphone, la pratique des salons de discussions sur Internet qui renforcent les liens amicaux attestent de l’importance que les filles allouent aux relations sociales et interpersonnelles durant leur temps libre. Elles pratiquent aussi des sports, mais pas les mêmes que les garçons.

À retrouver sur http://www.enfanceetcultures.culture.gouv.fr/actes/rueltraquet.pdf

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Tout cela découle d’une construction culturelle ainsi que d’un héritage historique. Prenons l’exemple du sport:

Les images sexués des sports

Les sports se définissent comme des jeux de compétition fondés sur la recherche de la performance physique face à une difficulté affrontée intentionnellement : un ou plusieurs adversaires, un temps, une distance, un but ou encore un ou plusieurs obstacles. Ces pratiques, individuelles ou collectives, se limitent à la mise en œuvre de certains gestes (course à pied, natation, etc.) ; certaines nécessitent des engins plus ou moins complexes (balle, javelot, ski, voiture, etc.) ; d’autres s’opèrent avec des animaux (équitation, corridas, etc.). Toutes ces compétitions n’illustrent pas les mêmes valeurs physiques ou intellectuelles : certaines font appel à la force, d’autres à l’endurance, d’autres encore à la grâce, à la force, à la stratégie, etc.

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A ce titre, les pratiques sportives et les spectacles sportifs sont de puissants révélateurs de la construction des genres à travers la répartition entre spécialités réputées masculines ou féminines. C’est la publication à Londres en 1820 du premier traité de gymnastique féminine qui marque le coup d’envoi d’un siècle marqué par de nombreuses premières en matière de sport féminin. Les Jeux olympiques de 1900 se tenant à Paris voient l’entrée en lice des premières femmes. Mais la première moitié du XXe siècle est toutefois marqué par un vaste mouvement d’hostilité des autorités sportives, politiques et mêmes médicales au développement du sport féminin. Malgré cette campagne de dénigrement clairement machiste, certaines championnes parviennent à exister médiatiquement telles la joueuse française de tennis Suzanne Lenglen dans les années 1920 ou l’américaine omnisports Mildred Didrickson Zaharias à partir des années 1930. Aujourd’hui, le succès international de films tels que « Joue la comme Bekham » du réalisateur britannique Gurinder Chadha en 2002 sur l’accession des jeunes femmes au football ou « A million dollar baby » de l’américain Clint Eastwood sur l’ascension d’une femme dans le monde de la boxe, montrent à quel point, dans le monde entier, l’entrée des femmes dans la compétition sportive, constitue un enjeu pour l’égalité des genres. Coll. ARPE © Conseil général du Val d’Oise

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