Atelier d’ethnologie des métiers à l’école Félix Faure (Paris 15ème, 2012-2013)

Date : 3 février 2013

L’association Ethnologues en Herbe anime pendant l’année scolaire 2012-2013 un atelier d’ethnologie des métiers dans la classe de CE2 de l’école Félix Faure dans le 15ème arrondissement de Paris. Au fil de leur enquête ethnographique, les élèves questionnent les divers métiers autour de leur école : le cordonnier, le pharmacien, la vendeuse de la boulangerie. Un atelier réalisé avec le soutien de la Direction des Affaires Scolaires de la Mairie de Paris.

« Violette, fleuriste » d’après le film d’Alain Cavalier

Dans notre atelier «Ethnologues en herbe » sur les métiers à Paris, nous avons découvert les films d’Alain Cavalier sur les métiers. Surtout Violette, une fleuriste. Nous avons écrit quelques textes à partir du film. * Violette est devenue fleuriste parce qu’un jour, elle était dans un mariage et elle est tombée sur des fleurs. Elle a saigné de la lèvre et les pétales blanches sont devenues rouges. Elle a trouvé cela magnifique et elle s’est décidée à devenir fleuriste. Elle travaille dans une boutique à Paris. Elle dit qu’elle ne veut pas se marier parce qu’elle n’a pas le temps de s’occuper d’un mari et d’enfants. Elle utilise un sécateur, des couteaux, du raffia, du papier transparent et une agrafeuse. Elle travaille toute seule. * Violette est fleuriste. Elle allait à l’école un samedi, et en passant devant un mariage, elle a glissé sur une rose blanche. Elle est tombée, s’est ouvert la lèvre, a saigné et la rose blanche est devenue rouge. Elle a commencé à manger les pétales et a eu le goût des fleurs. Elle travaille dans une boutique « Au pot de fer » à Paris. Elle travaille tout le temps. Elle utilise des ciseaux, des arrosoirs, de l’eau, des couteaux, des sécateurs, du raffia, du papier transparent et une agrafeuse. Elle travaille seule * Le film d’Alain Cavalier: la fleuriste Elle s’appelle Violette et elle est fleuriste. Elle est devenue fleuriste parce qu’un samedi, alors qu’elle allait à l’école, il y avait un mariage. Le sol était couvert de pétales de roses blanches. En courant, elle est tombée puis elle s’est ouvert la lèvre. Les pétales de roses blanches sont devenues rouges. Puis elle a commencé à manger les pétales et ça a donné à Violette l’envie de devenir fleuriste. Elle travaille dans une boutique « Au pot de fer » dans la rue Monge à Paris. Elle n’a pas d’horaires particuliers. Dès qu’elle est réveillée, elle part travailler. Ses outils sont: un produit contre les piqures de roses, un couteau pour couper les épines de roses, un sécateur pour couper les tiges, du raffia et du papier transparent pour envelopper les fleurs, et une agrafeuse. Elle travaille seule. Elle est tellement occupée par ses fleurs qu’elle n’a pas le temps de se soucier d’un mari et d’enfants. * Violette est fleuriste. Elle est devenue fleuriste grâce à un mariage pendant lequel elle est tombée. Sa lèvre a saigné sur une rose blanche. Elle travaille dans une boutique appelée « Au pot de fer » dans la rue Monge à Paris. Elle utilise comme outils: − un produit contre les piqures de roses (pour ne pas avoir d’infection) − un sécateur (pour couper les fleurs) − un couteau (pour enlever les épines) − du raffia, du papier transparent et une agrafeuse (pour emballer les fleurs). Elle travaille seule car elle est jalouse quand quelqu’un touche à ses fleurs. Elle dit: « je n’ai pas le temps pour m’occuper d’enfants ou d’un mari. Ma vie c’est les fleurs ».

 

Sophie, vendeuse en boulangerie

Le mardi 11 décembre 2012, nous avons rencontré Sophie. Elle est vendeuse en boulangerie au Fournil de Lourmel, avenue Félix Faure. Nous lui avons posé des questions sur son métier. Elle a appris son métier « sur le tas », ça veut dire sans faire d’études. Elle a choisi e métier parce qu’elle aime voir des gens. Elle arrive tous les matins à 6 heures et elle part à 13h30. Quand elle arrive, elle met en place la viennoiserie, les vitres et les gâteaux. Elle n’aime pas spécialement les gâteaux, mais elle a goûté toutes les pâtisseries pour décrire le goût aux clients. Elle travaille en équipe dans sa boulangerie. Le boulanger arrive à 3 heures du matin pour préparer le pain. Elle a des collègues qui s’occupent des sandwichs et des guiches. Elle porte un tablier où il est écrit « ronde des pains » et des gants en plastique. Pour servir les pâtisseries, elle se sert d’une pince et d’une pelle. Il faut aussi avoir une bonne mémoire pour retenir les prix et les commandes des Clients. Ce qu’elle vend le plus, ce sont les éclairs et les religieuses. Ce qu’elle aime le plus, c’est disposer les gâteaux dans le comptoir en harmonisant les couleurs. C’est pour attirer l’œil des clients et donner envie. Ethnodoc de la classe de CE2 de l’école Félix Faure, Paris 15 Atelier d’ethnologie des métiers avec le soutien de la DASCO, Mairie de Paris

 

Le cordonnier

Le 11 décembre 2012, nous avons rencontré un cordonnier. Nous lui avons posé des questions sur son métier. Le nom exact de son métier est cordonnier. Avant on disait cordouanier. L’origine de ce mot est Cordoue, ville espagnole célèbre pour son cuir. Il est devenu cordonnier car son père et toute sa famille étaient cordonniers. Il répare surtout les chaussures (les talons, les semelles). Son travail est assez varié mais aussi répétitif. Son lieu de travail ne change pas dans la journée. Les cordonniers exercent plus en ville qu’à la campagne. Il porte une blouse pour ne pas se salir. Elle n’est pas obligatoire mais conseillée. Le cordonnier utilise différents outils comme le tranchet, le marteau, les tenailles, des machines à coudre et des bancs de finition (pour gratter les chaussures). Il travaille seul, mais beaucoup travaillent en équipe. Il préfère travailler les matières naturelles, il n’aime pas les matières synthétiques. Il n’aime pas non plus les odeurs de colle. Il aime les défis. Ethnodoc réalisé par les élèves de CE2 de l’école Felix Faure, Paris 15ème (2012-2013. Atelier des Ethnologues en herbe, avec le soutien de la DASCO, Mairie de Paris.

 

Erwan, restaurateur

Le mardi 15 janvier 2013, nous avons rencontré Erwann Pellard dans son restaurant, rue Balard, où il propose aussi des plats à emporter. Il est devenu restaurateur parce qu’il aime manger et cuisiner pour les autres. Dans son métier, chaque journée est différente. Parfois il y a beaucoup de monde, parfois il y en a peu. En fonction des saisons, le nombre de clients change: en hiver, il fait 60 couverts par jour et en été, plus de 180. Monsieur Pellard a plusieurs lieux de travail. Il est bien sûr au restaurant, mais en tant que patron il travaille aussi chez lui l’après-midi pour la gestion des factures et de la comptabilité. Il va au marché et se rend parfois chez les producteurs. Il part par exemple chercher de la crème fraîche et du lait en Normandie. Ces principaux outils de travail sont le limonadier, le percolateur, le carnet de bons de commande et l’ordinateur. Monsieur Pellard ne travaille pas seul mais en équipe. Il a une plongeuse, un chef de cuisine, un aide de cuisine, une pâtissière et un chef de rang. Dans son restaurant, le chef de rang est une femme, Sophie. Elle est capable de s’occuper de toute la salle : elle prépare les tables, les débarrasse, prend les commandes… Ce qu’il préfère Monsieur Pellard dans son travail c’est de rencontrer les gens et leur faire plaisir; ce qu’il aime le moins c’est de s’occuper des factures ! (Ethnodoc réalisé par les élèves de CE2 de l’école Félix Faure, Paris 15ème. Atelier des Ethnologues en herbe, avec le soutien de la DASCO, Mairie de Paris)

 

À la banque

Mardi 15 janvier 2013, nous avons rencontré des banquières : – Virginie, responsable d’agence – Morgane, conseillère de clientèle – Delphine, conseillère d’accueil – Mathilde au guichet Elles travaillent en équipe. Elles ont eu des diplômes mais elles ne pensaient pas devenir banquières. Leurs journées de travail commencent à 9 h et se terminent à 17 h. Elles fixent des rendez-vous avec des clients, s’occupent de l’épargne, de crédits (pour la maison, les voitures,…) Elles ne changent pas de lieu de travail dans la journée. Elles restent dans leurs bureaux ou à l’accueil. Elles ne portent pas de tenue de travail particulière, mais elles ne portent pas de jeans, ni de baskets, car « il faut inspirer confiance aux clients. » Leurs principaux outils de travail sont : l’ordinateur, le téléphone, le scanner pour enregistrer les cartes d’identité, l’imprimante et la calculette. Elles ont un agenda pour les rendez-vous. Delphine préfère les rendez-vous avec les clients. Elle aime les conseiller, mais elle n’aime pas compter les chèques et les billets. Morgane, elle, préfère s’occuper des placements immobiliers et n’aime pas les réunions pour les objectifs de placements.

 

Corinne, la cantinière

Mardi 15 janvier 2013, nous avons rencontré Corine, une des cantinières de l’école. Elle prépare les repas pour les enfants et travaille dans la cantine. Elle a fait un stage et des études. Elle a choisi ce métier parce qu’elle aime bien cuisiner et être en contact avec les enfants. Sa journée commence à 6h30 et se termine à 14h30. Elle se lave les mains avant de mettre des gants. Elle s’habille avec un tablier, sur lequel elle met un tablier en plastique. Ce plastique est spécial parce qu’elle le change à chaque fois qu’elle se salit. Elle le change aussi à chaque fois qu’elle fait la vaisselle. Elle porte aussi des sabots antidérapants et une charlotte sur la tête. Ses outils principaux : couteaux, casseroles, table froide, louches, sauteuses, four et réfrigérateur. Ses produits principaux : viande crue (poulet, bœuf,…),légumes, huile, sel, eau, pâtes, riz,… Elle épluche les légumes et les rince dans l’eau de javel. Elle coupe la viande, la cuit et l’assaisonne. Elle cuit les pâtes, le riz et les pommes de terre dans les casseroles. Pendant qu’elle cuisine, elle prend un petit peu de chaque aliment et le met dans un sachet. C’est pour vérifier que ce n’est pas périmé et savoir, s’il y a un malade dans l’école, si cela vient de la cantine. Quand elle a fini de cuisiner, elle enlève son tablier, sa charlotte, elle se lave les mains, range ses outils et nettoie la cuisine. Elle mange à 11h. Ensuite elle fait le service. Si sa chef est absente, elle la remplace.

 

Ahmed, primeur

Monsieur Ahmed a répondu à nos questions. Il nous a expliqué que son métier est une affaire familiale. Il a commencé à travailler avec son père pendant les vacances. Ses journées sont très dures. Il commence à 3 heures du matin pour aller à Rungis, le marché des fruits et légumes en grandes quantités. A son arrivée au magasin, il décharge sa camionnette et il garde les marchandises dans la chambre froide. Le magasin de Monsieur Ahmed est ouvert toute la journée jusqu’à 20h30 le soir. Monsieur Ahmed a une tenue de travail particulière : des chaussures de sécurité, des gants et un tablier. Ce qu’il aime le plus dans son travail, c’est la présentation des fruits et légumes. Il utilise des outils spécifiques comme le couteau, le sac, la balance et les cageots. Le magasin de Monsieur Ahmed ferme pendant les grandes vacances. Nous remercions Monsieur Ahmed de son accueil. C’était une rencontre très riche.

 

Baptiste, pharmacien

Le mardi 11 décembre, nous avons rencontré Monsieur Baptiste qui est pharmacien. Nous lui avons posé des questions sur son métier. Son papa lui a donné envie de faire ce métier. Comme son papa, il a fait cinq ans d’études pour être pharmacien. Il a beaucoup aimé ses études. Avant, son père préparait des préparations dans des bocaux. Il écrasait les éléments avec un pilon. Maintenant il ne fait plus de préparations, mais ça existe encore. Dans son travail, il se sert de ses mains, pour servir les clients, et de ses pieds, car il reste beaucoup debout. Les médicaments sont faits de plantes. Le pharmacien est soumis au secret professionnel, il ne doit pas répéter aux autres ce que lui disent les gens. Le signe de la pharmacie est la croix verte. Les médicaments sont livrés par camion deux fois par jour. Monsieur Baptiste les range dans les armoires. Dans les armoires, tous les médicaments sont rangés par ordre alphabétique. Il enregistre les livraisons et les commandes dans ses classeurs. Il sert les clients au comptoir. Il se lave toujours les mains avant de toucher aux médicaments pour ne pas transmettre des microbes. Le client doit donner une ordonnance au pharmacien. La pharmacie est ouverte de 9h à 19h chaque jour. Monsieur prend une très courte pause pour le déjeuner. Il y a des gens pour aider le pharmacien: sa femme et une collègue. De temps en temps, il cherche sur son ordinateur des informations sur les maladies et les médicaments. Quelques fois, il est fatigué de ses longues journées. Il aime rendre service aux gens.

 

Mickaël, agent mobile RATP

Mickaël a fait une formation de 2 mois pour devenir agent mobile RATP. Il a choisi ce métier parce qu’il aime être en contact avec les gens. Avant, il était vendeur. Sa journée commence à 5h15 du matin et finit à 12h35. Il ouvre les portes de la station. Il vérifie que tout va bien. Il vérifie que rien n’est cassé, que les machines fonctionnent bien. S’il constate des problèmes, il les note sur l’ordinateur. Il regarde s’il y a des gens qui sont restés toute la nuit dans le métro et appelle des centres d’hébergement pour les gens qui veulent bien y aller. Il ne peut pas les y obliger. Il contrôle les voyageurs. Il regarde s’ils ont payé leur ticket ou s’ils ont un pass navigo. Il n’est jamais seul pour les contrôles. Il renseigne les voyageurs. Son lieu de travail, c’est la station de métro. Il a une tenue spéciale, une chemise blanche et une cravate verte. Ses journées sont différentes l’une de l’autre. Il utilise un téléphone pour appeler son responsable. Il a des clés, pour ouvrir les stations de métro, et une carte, pour être identifié. Il travaille en équipe de 2 personnes minimum et parfois tout seul. Il aime les gentils clients. Il n’aime pas les voyageurs méchants qui grognent et sont parfois violents.

 

Mme Cissé, directrice d’école 

Mardi 11 décembre, nous avons rencontré Madame Cissé. Elle a répondu à nos questions.

1. Elle est directrice d’école de son métier.

2. Elle est devenue directrice d’école après avoir été enseignante pendant vingt ans. Elle a passé un examen devant une assemblée de personnes qui lui ont posé des questions sur la vie de l’école.

3. Elle voulait changer de métier tout en restant dans une école. Personne n’était enseignante dans sa famille mais elle souhaitait faire ce métier depuis toujours.

4. Sa journée de travail dure de 8h à 18h (voire 19h). – Entre 8h et 8h20 : elle ouvre le courrier (sur papier ou informatique). – Entre 8h20 et 8h30 : elle est présente dans l’entrée pour accueillir les enfants. Elle parle avec certains parents. Elle attend les retardataires et les emmène dans les classes. – De 8h30 à 11h30 : elle répond aux mots dans les cahiers de correspondance, elle compte les enfants qui mangent ou non à la cantine, qui vont ou non à l’étude, elle répond aux coups de téléphone ou aux mails, elle écrit les mots collectifs, elle assiste parfois à des réunions. – A la pause de midi : la directrice déjeune avec les enseignants. – De 13h30 à 16h30 : elle continue son travail au bureau, elle doit s’occuper des élèves perturbateurs, elle est de service en récréation, elle assiste à des réunions. – A 16h30 : elle ouvre la porte avec la gardienne, elle vérifie qu’il n’y a pas de problème. – De 16h30 à à 18h : elle est à nouveau dans son bureau où elle finit ce qu’elle n’a pas pu terminer pendant la journée. Elle a parfois des rendez-vous avec les parents, elle va voir si tout se passe bien à l’étude. Les journées se ressemblent, mais elles sont parfois plus compliquées : quand un enfant s’est gravement blessé et qu’il faut appeler les urgences, quand il y a un incident (mauvais repas, incendie, tempête,…), quand un enseignant est malade, …

5. Son lieu de travail est le bureau de l’école élémentaire du 146 avenue Félix Faure. Elle se déplace aussi dans l’école et quelquefois en dehors de l’école, pour les réunions avec l’inspecteur ou avec la mairie.

6. Elle ne porte pas de tenue de travail.

7. L’ordinateur, le téléphone, l’imprimante, la photocopieuse, des classeurs, des cahiers de registre sont ses principaux outils.

8.Elle travaille en équipe avec les enseignants, les cantinières, les dames de service et les animateurs. Mais quand elle est dans son bureau, elle travaille seule.

9. Ce qu’elle aime le moins : – quand il pleut à midi et que les enfants sont serrés dans le préau. Cela fait du bruit et pose des problèmes de sécurité, – quand il y a de la neige, parce que c’est dangereux dans la cour. Ce qu’elle préfère : – les réunions avec les enseignants, parce que c’est intéressant de parler des classes, de trouver des solutions quand il y a des difficultés.

 

Les métiers rencontrés, extraits de carnets d’ethnologues

Extraits des carnets des élèves de CE2 pour leur atelier sur les métiers, par exemple: – Emploi du temps de Mme Cissé, la directrice – La tenue et les outils du cordonnier – Les objets de la cantine – Le comptoir, l’armoire à médicaments, les ustensiles, la croix verte de la pharmacie – Les tables du restaurant – La devanture de la boulangerie – Les 4 banquières – Les fruits du monde entier

 

Nos métiers préférés, extraits de carnets d’ethnologues

– Basketteur – Tennisman – Rugbyman – Danseuse – Vétérinaire – Footballeur