Trésors du Centre de Recherche et d’Étude du Français de Scolarisation (Cameroun)

Date : 24 mars 2011

Le Centre de Recherche et d’Étude du Français de Scolarisation (Cameroun) vous présente ses trésors:

Balai traditionnel ( ivo’ok )

Ce balai est fabriqué à partir de palmier raphia. Les feuilles tendres de ses bourgeons sont séchées puis assemblés et fixés sur support préalablement tressé. On peut distinguer le manche de la partie qui balaie.

Ce balai est un balai traditionnel chez les Betis du Cameroun. Il signale la pratique d’une hygiène quotidienne qui ignorait lavage du sol, détergents, serpillères, aspirateurs, simplement parce qu’il ne s’agissait que de balayage de sols en terre ; mais alors un balayage parfait!

Aujourd’hui, il est devenu rarissime et n’est plus que très peu utilisé. Cela augure d’une disparition certaine qui lui confère une dimension muséale, mais aussi parce qu’il témoigne d’un savoir-faire artistique que bientôt on peinera à retrouver.

Cuillère en bois

Cette cuillère en bois est sculptée et ornée de dessins coloriées. Elle est utilisée comme un couvert par les Beti, mais témoigne en même temps d’une pratique artistique.

Cette cuillère est un objet particulier: les Beti sont l’un des rares peuples d’Afrique et du Cameroun qui utilisait une cuillère pour manger, en raison, probablement, de leur mode d’alimentation. A la différence de la grande majorité des communautés africaines qui se nourrissent de céréales ou de féculents cuits sous forme de pâtes, l’alimentation Beti est essentiellement constituée de sauces très liquides et de manioc, banane plantain, « macabos » et ignames nature. Aujourd’hui, la cuillère sculptée a complètement disparu et a cédé sa place à la cuillère occidentale.

Cuisson des poteries

 

« Ibeg »: cuvette-mortier de feuilles de manioc

L’ « ibeg » est un objet en bois ‘ibè’ taillé en forme de cuvette. Il est utilisé comme ustensile de cuisine: des feuilles de manioc y sont déposées et une pierre est utilisée pour les piler. L’essence d »ibè’ est ‘impérissable’, mais l »ibeg » se creuse au fil des ans et des décennies sous l’effet de la pierre.

Cet objet est le mortier-nourricier de tout le peuple Beti: il permet de préparer son plat de base, le ‘pkem’, plat de feuilles de manioc sans sel qui y est pilé. Il est le signe de la parfaite connaissance des Beti des plantes de leur environnement et de l’étroite relation qu’ils ont avec la nature. Cependant, aujourd’hui, on ne trouve pratiquement plus d' »ibeg ».

Ikali keka, natte à cacao

L’« Ikali keka » est une natte tissée en palmier-raphia. Elle sert de manière exclusive au séchage du cacao. Elle est le symbole de l’importance de la cacaoculture traditionnelle au Cameroun jusque dans les années 70. Sa rareté la transforme en pièce de musée.

 

« Itan »

L’ « itan » est un « plateau » creux d’environ 1,50 mètre, tissé en palmier raphia. Il est entouré de rebords qui lui donne un profondeur de 15 cm environ. Selon les régions, il peut être rectangulaire ou rond.

Ce plateau est utilisé pour conserver divers aliments ou objets: médicaments traditionnels, instruments divers (boîtes d’allumettes, louches, couteau de cuisine etc). Il peut aussi être suspendu au-dessus du foyer afin de recevoir la chaleur du feu de bois et permettre de sécher les aliments: poisson, viande, crustacés à sécher ou à fumer, arachides, maïs, etc.

Il nous permet de connaître et de comprendre les modes de rangement et de conservation traditionnels de certains aliments.

« Kasin »: le foyer

Le « Kasin » est un objet métallique à trois pieds, coiffé d’un cerceau servant de socle-support aux marmites. Il correspond au foyer et se place sur un feu de bois. Il représente les moyens de cuisson traditionnels.

Louche en bois

Cette grande cuillère en bois est une louche Beti. Sa forme est identique à la louche occidentale. Cela montre qu’à travers la planète et les âges, les mêmes besoins inspirent la conception et la fabrication d’objets universels. Il y a des universaux à travers la diversité culturelle.

« Minkien’e »: marmite de cuivre

Le « minkien’e » est une marmite en cuivre et en fer. Elle a une forme ronde posée sur trois pieds, surmontée d’une anse et ornée de décorations. Elle est remarquable par sa robustesse, son poids et sa longévité: celle-ci est centenaire!

« Mbep »: épluchoir-spatule-calendrier

Le « mbep » est un ustensile de cuisine obtenu à partir de la tige d’« akol kip’li ». Elle était taillée de manière à devenir plate. L’un de ses bouts était aiguisé en une pointe tranchante et l’autre taillée de manière arrondie.

Le bout pointu et tranchant servait à l’épluchage de la banane plantain et le bout arrondi servait de spatule pour les mélanges, les pétrissages et autres. Mélangeur; « remueur » de l’arachide à la poêle, pétrisseur, « épluchoir » de la banane plantain, il était aussi un objet aux vertus thérapeutiques diverses. Le ‘mbep’ servait également de calendrier sur lequel des entailles étaient faites pour marquer l’âge des personnes pendant des dizaines d’années. Ainsi, le « mbep » est un objet multifonctionnel. Il prolongeait le bras de la femme dans ses multiples sollicitations domestiques, culinaires, sanitaires, etc. Il l’aidait ainsi à effectuer un nombre infini de tâches et occupait une place centrale dans les ustensiles de cuisine. Néanmoins, il est aujourd’hui en voie de disparition.

« Mvié dzok »: marmite post-natale

Cette marmite en terre cuite est un équipement médical traditionnel: elle sert à préparer des produits destinés à la mère et au bébé pendant la période post-natale immédiate. Elle reste constamment occupée par les produits et les écorces d’arbres spécifiques qui baignent dans du liquide et ne se range que sous le lit en bambou non loin du foyer. Elle permet notamment de traiter le ‘ngop’, souche du cordon ombilical. Cette marmite est aujourd’hui rarissime.

« Ngok ndamba »: lance-pierre

Cet objet est un lance-pierre qui se compose d’une tige d’arbre se terminant en forme de fourche. A chacune des extrémités de la fourche est attaché un morceau de fronde noire comprenant en son centre une pièce de cuir. C’est là qu’on lobera le caillou à lancer. C’est un jouet traditionnel des petits garçons. Aujourd’hui, on n’en trouve presque plus.

L’ « okekamba »: lit en bambou

L’okekamba est un lit dont les matériaux sont principalement tirés du palmier raphia. Les tiges de ce dernier sont travaillées et taillées en pièces de formes et de dimensions variées. Ces pièces sont ensuite disposées et rassemblées en une armature reposant sur un support de quatre pieds en bois.

Ces lits étaient disposés de part et d’autre de la case: en effet, ils tenaient lieu à la fois de sièges pour accueillir les hôtes dans la journée et de lits que l’on chargeait de feuilles bananiers mortes « minbob » pour le rendre douillet la nuit.

Pierre taillées

 

Le Tam-tam mère

Ce tam-tam est en bois « ibè », une essence inusable, sculpté en forme d’un gigantesque panier entrouvert par une légère fente longitudinale et évidé. Par la fente se rangent les deux baguettes avec lequel on le bat pour le faire résonner. C’est une caisse de résonance.Ces tam-tams assument plusieurs fonctions : celle de téléphone traditionnel pouvant transmettre des messages variés grâce à des sons décodables par toute la communauté, celle de radio et d’horloge traditionnelles informant de l’heure et diffusant des communiqués, ainsi que celle d’instrument de musique avec lequel on célèbre aussi bien la vie que la mort, rythmant diverses sortes de danse et de rites.

Exécution des tresses traditionnelles edzonga

Pendant le week-end et pour préparer la semaine, les jeunes filles se rassemblent pour réaliser la coiffure du dimanche et du week-end. Aujourd’hui, très peu de filles exécutent encore la coiffure traditionnelle qui a son langage…Ces tresses sont la marque de la beauté de la femme camerounaise des années passées. Elles marquent la diversité culturelle même en matière d’esthétique.