Atelier Découverte des patrimoines culturels et création numérique au lycée professionnel du bâtiment Benjamin Franklin (La Rochette, 2009-2010)

Date : 16 juin 2010

Cet atelier d'ethnographie urbaine et de création numérique s'est adressé aux classes d'élèves migrants nouvellement arrivés en France de différents établissements. 

Les méthodes d’observation et de description propres à l’ethnologie urbaine ont été utilisées par les élèves qui, avec l’aide des ethnologues intervenants de l’association, ont collecté de multiples documents : photos numériques, textes courts, inventaires, descriptions, enregistrements sonores, vidéos. Les documents ainsi collectés ont été organisés de manière à proposer des expositions virtuelles sur les divers patrimoines urbains explorés ainsi que de courtes vidéos montées grâce à un logiciel de montage collaboratif. Des médiateurs multimédias de l’association Ethnologues en Herbe et de la Galerie d’Arts Numériques Ars Longa ont accompagné le projet.

L’atelier de finition de peintures

'Nous sommes dans l’atelier de finition de peintures de notre lycée des techniques du bâtiment, le lycée Benjamin Franklin à la Rochette, près de Melun en Seine et Marne. Nous voulons vous montrer nos outils et nos travaux parce que nos métiers, ce sont nos patrimoines. Parmi nos outils, des rouleaux et des brosses. Il faut dire « brosses » et pas « pinceaux ». Les pinceaux, c’est pour les tableaux. Nous utilisons les rouleaux pour les murs. Et les brosses, pour les angles. Egalement parmi nos outils, différentes sortes de peintures. Des peintures à l’eau et des peintures glycérines. La peinture à l’eau c’est pour la première couche. Et la peinture glycérine ou peinture à l’huile pour la seconde couche. Différentes sortes de couleurs et de colorants. Le rouge et le jaune le noir et le vert, le bleu et l’orange, le rose et le mauve, le vert et le marron. Nous apprenons les techniques de mélange. Si tu veux du « jaune cassé », tu mets un peu de jaune, un peu de noir, un peu rouge. Tu mélanges. Et ça donne la bonne couleur. Parmi nos outils, ne pas oublier les échelles et les tréteaux. Et, chose nécessaire, quand nous entrons dans notre atelier, le petit vestiaire où nous changeons de vêtements pour nous mettre en tenue de travail. Nous avons chacun la nôtre, une blouse blanche. Ici, dans cet atelier ce que nous aimons, c’est travailler entre amis.'

 

jpg/Notre_atelier_de_finition_de_peintures_LP_Benjamin_Franklin_La_Rochette.jpg

 

L'atelier de maçonnerie

'Nous allons vous présenter notre atelier de maçonnerie dans notre lycée des techniques du bâtiment, le lycée Benjamin Franklin A la Rochette, près de Melun en Seine et Marne. Ici nous apprenons plusieurs techniques. Celles du cintrage et du coffrage. Fabriquer des coffrages. Préparer le béton avec la bétonnière. Couler du béton dans les coffrages. Monter des murs en parpaings. Crépir les murs. Dans cet atelier on étudie aussi le métier de charpentier. Dans l’atelier de maçonnerie, nous utilisons différents outils. Des truelles et des brouettes. Des pelles, des pioches et des râteaux. Des règles, des mètres, des niveaux et des fils à plombs. Nous travaillons avec plusieurs matériaux. Du gravier, du sable et du ciment. Et aussi de l’eau. Tout ça on le mélange pour en faire du béton. Avec les briques, nous construisons des murs. Des murs de maisons et de jardins. Aussi des cheminées. Mais ce ne sont pas les mêmes briques. Pour les cheminées, elles sont plus petites. Et leur matière est différente. Dans notre atelier de maçonnerie nous travaillons aussi avec les charpentiers pour apprendre à construire les toits. Dans l’atelier de maçonnerie ce que nous aimons, c’est apprendre entre copains à construire des maisons.'

 

jpg/Notre_atelier_de_maconnerie_LP_Benjamin_Franklin_La_Rochette.jpg

 

L'atelier de métallerie

'Nous allons vous présenter notre atelier de métallerie dans notre lycée des techniques du bâtiment, le lycée Benjamin Franklin à la Rochette, près de Melun en Seine et Marne. Dans cet atelier, nous travaillons avec des différents outils et machines outils. Avec du matériel de soudure, des chalumeaux pour chauffer le métal, des baguettes pour coller les métaux. Et aussi un étau, des plaques de fer à découper, des scies à métaux, une machine que nous appelons « La Bombled » et qui sert à découper les métaux. Des perceuses à colonnes pour faire des trous dans le métal qu’on puisse ensuite les visser. Des marteaux, des pinces et des enclumes. Dans cet atelier nous apprenons les métiers du métal pour devenir plus tard soudeurs ou serruriers.'

 

jpg/Notre_atelier_de_metallerie_LP_Benjamin_Franklin_La_Rochette.jpg

 

"La main et le savoir", l’atelier d’un  tapissier 

'C’était lundi 10 mai 2010. Nous sommes allés à l’atelier « La main et le savoir » près de la gare de Melun Rue Théodore Rousseau là on a rencontré Béatrice. Elle répare les fauteuils, les chaises et les canapés. Elle est tapissier. On ne dit pas tapissière parce que tapissière c’est pour la couture et les rideaux. Pour nous expliquer son métier elle a pris l’exemple d’un fauteuil qu’elle était en train de restaurer. C’était un fauteuil en bois de hêtre. Un fauteuil ancien du 19 ème siècle. Moins ancien que ceux qui étaient accrochés dans l’atelier qui dataient de Louis 13 et Louis 16. Elle nous a d’abord montré la technique de sanglage. Les sangles sont faites dans un textile qui s’appelle toile de jute. La toile de jute il faut la tirer au maximum. Pour une bonne tension, on utilise un tire sangles. Après les sangles sont agrafées ou clouées. Les clous s’appellent des semences. Madame Béatrice les met dans sa bouche, parfois vingt d’un coup. Puis, avec le ramponneau qui ressemble à un marteau mais qui n’en est pas un parce qu’il a un aimant, elle fixe les semences au cadre du fauteuil. Sous la toile de jute il y a du bourrage et des ressorts. Avant, le bourrage était du crin de cheval. Aujourd’hui, on l’a remplacé avec des fibres de noix de coco. Il y a dix ou douze ressorts par siège. Les ressorts on les attache avec une corde à guinder. On appelle la technique, le guindage. Ensuite, avec un carrelet, une aiguille à double pointe. On fixe les ressorts. Quand les ressorts sont fixés, le siège rempli de fibres de coco et la toile de jute bien tendue par-dessus. On recouvre le siège d’un tissu. Il y en avait de toutes sortes dans l’atelier. Des tissus unis ou avec de motifs chinois ou des fleurs. On ajoute des garnitures de galons bien assorties au tissu. Madame Béatrice travaille de ses mains. C’est difficile parce qu’il y a le risque de se blesser. Mais elle a envie de travailler ainsi, avec la main simple sinon elle ne sent pas la matière. Elle a dit « Quand on aime ce qu’on fait, rien n’est difficile » Elle nous a bien très reçus parce qu’elle aime transmettre son savoir.'

 

jpg/La_main_et_le_savoir_atelier_d_un_tapissier_a_La_Rochette.jpg

 

La rue de la Forêt

'C’était en avril 2010. Nous sommes allés prendre des photos Rue de la forêt. Cette rue, c’est celle de notre lycée, le lycée Benjamin Franklin à la Rochette. Dans cette rue il y a des poubelles où on reconnaît le blason de la Rochette. Il y a un arrêt de bus qui s’appelle « le chemin de vignes » parce que autrefois on faisait pousser des raisins à la Rochette. Il y a une grande maison comme un château, construite par un architecte. Un pavillon moderne d’au moins 5 pièces comme un F5 et une vieille maison en pierres. Nous sommes allés jusqu’à la Place de l’Eglise. Nous passons souvent par là pour aller au stade René Huard. L’église est petite. Son toit est comme un chapeau chinois. Tout pointu avec son clocher comme un parapluie. Dans toute l’Europe, c’est la même chose. Sur les murs de l’Eglise on peut lire les noms des habitants de la Rochette morts pendant la première et la deuxième guerre mondiale. A côté de l’Eglise, sur la place du même nom, il y a une fontaine. Elle représente un oiseau. J’ai pensé que c’était le coq français mais ce n’est pas ça. C’est une colombe, l’oiseau de la paix et de la liberté Pour qu’il n’y ait plus de guerre.'

 

jpg/La_Rue_de_la_Foret_a_La_Rochette.jpg

 

Textes écrits à partir des verbatim des élèves nouveaux arrivants de la classe d’accueil du Lycée professionnel Benjamin Franklin à la Rochette, 2009-2010, pour l’atelier d’ethnographie des patrimoines et de création numérique.